Anne Irrthum : genèse d’une biographie esthétique [partie 01]

AnneIrrhum_SnapShot01L’ancienne étudiante revient sur le projet d’exposition qu’elle a réalisé en 2011, dans le cadre d’une recherche biographique, dans un contexte pédagogique.

« Cette exposition s’inscrit dans le cours  Auf dem Weg zur aesthetisch-biographischen Arbeit im pädagogischen Kontext, de Viviane Bourg et de Gérard Gretsch.

L’objectif était d’effectuer une recherche biographique et de la représenter sous forme d’une réalisation libre. Pour moi, le choix de l’exposition s’est d’emblée imposé.

Quand on réfléchit à une recherche biographique, on pense au passé, et à ce qu’on a vécu. On recherche d’abord les traces qui témoignent de ce passé, un passé qui n’est pas un objet comme tel.

C’est un peu comme un travail archéologique : on regarde le contexte de l’objet trouvé, sa provenance, sa signification. Un objet n’est d’ailleurs jamais objectif : il a toujours une signification, qui diffère d’une personne à l’autre.

En ce qui me concerne, quatre grandes pistes me donnaient accès à mon propre passé : des traces écrites, des traces filmées, des traces photographiques et enfin celles des objets (tickets, listes…) que j’ai pu collectionner ou amasser.

Ces quatre domaines, sont devenus les quatre thèmes de mon exposition, sur lesquels j’ai donc basé ma biographie.

Il fallait ensuite trouver un fil rouge. Je me suis donc inspirée du concept pédagogique de Reggio et des travaux du pédagogue français Célestin Freinet, fondés sur l’expression libre des enfants, et que nous avions étudiés durant l’année.

Ces pédagogies mettent en valeur le résultat produit. L’enfant possède en effet de grandes compétences et est intéressé à les développer. On doit donc lui proposer plusieurs voies pour s’exprimer, pour pouvoir montrer ses talents. Il était donc primordial que cette exposition intègre plusieurs niveaux d’expression.

Ainsi, pour chaque thématique, j’ai mis deux à trois objets en exergue : comme par exemple ma caméra que j’ai transformée ; un coffre avec ma collection de zèbres, l’un de mes premiers journaux intimes que j’ai converti en jeu de memory.

De plus, les visiteurs de l’exposition pouvaient utiliser ces objets et jouer avec. Ils avaient également l’occasion de laisser une trace supplémentaire, en signant sur les rayures des zèbres, ou en laissant un commentaire (filmé, écrit ou photographié) dans un des livres d’or. Durant l’exposition, une deuxième série d’objets a donc été ainsi produite par les visiteurs, cette fois.

Réaliser cette exposition a par conséquent été un défi pour moi. J’avais tellement d’idées que c’était difficile de faire un choix… Finalement, l’importance d’une telle recherche est le chemin qui mène à la trace, mais aussi au résultat ».