Anne Irrthum : pour une biographie esthétique, dans les écoles, au quotidien [partie 02]

UNI_article0301« Le travail à rendre consistait à présenter le projet, à expliquer le choix de mes thématiques et des objets exposés. Un tel projet esthétique biographique est transposable dans le contexte pédagogique de l’école

En classe, le projet peut tout d’abord s’inscrire dans le cadre d’un travail pédagogique avec les enfants, au cours duquel ils ont la possibilité de transformer et d’exposer des objets.

Cette année par exemple, les enfants ont amené leur objet préféré et ont effectué une transformation esthétique, pour découvrir cet objet sous une autre perspective. C’est là aussi une bonne occasion de faire mieux connaissance avec les élèves. Ils pouvaient choisir leurs matériaux, et ont ainsi découvert de nouvelles techniques.

Aussi, avec mes élèves, j’essaie toujours de créer des situations d’apprentissage qui ont un lien avec leur vie. Dans l’éveil aux sciences par exemple, on découvre les ponts, qui font partie du village des enfants. Ou, dans le cadre d’un sujet sur la ferme, on visite une ferme locale et on rencontre un fermier.

Plus généralement, il faut collecter les traces, si on veut par ailleurs appréhender des notions complexes comme les compétences. En tant qu’enseignant, on recherche toujours les traces, les compétences dans les projets d’apprentissage, les erreurs, ou encore les ressources culturelles des enfants.

C’est évidemment plus difficile d’évaluer un travail ouvert comme une histoire, par rapport par exemple à un exercice de calcul. Il faut toujours se demander comment donner une appréciation (feedback) par rapport aux traces collectées par les élèves. Selon quels critères et sur quelle base. Selon quels statuts et quels instruments.

Dans ce contexte il est important d’être ouvert aux idées des enfants. Il faut avoir confiance, mais en même temps être exigeant et avoir des attentes.

L’accès au matériel est important pour les enfants, pour pouvoir créer quelque chose… A l’école, je peux leur donner cet accès au matériau, que ce soit par exemple lors des sessions de mathématiques ou encore de bricolage…

Ils apprennent par ailleurs qu’il est important de s’investir, pour réaliser un bon travail, un produit final. C’est fondamental qu’ils aient également conscience que chaque action induit une conséquence, qui est bonne ou moins bonne. Ils doivent apprendre à faire un effort, pour aller jusqu’au bout de leur idée.

Au cours du projet à l’Université, nous avions dû présenter nos travaux. C’est en outre important pour les enfants d’avoir cette perspective de présentation et de publication de leurs réalisations. Cela fait partie intégrante de l’enseignement et leur apporte une grande motivation ».