Aesthetic biographies : l’arbre d’une vie

Neuhengen0694Le cours Aesthetic Biographies du BScE demande aux étudiants d’explorer et de retracer de manière réelle ou fictive leur propre vie et de transformer certains aspects afin d’en dégager l’essence et l’importance pour leur trajectoire future.

Kevin Neuhengen, inscrit en quatrième année en Bachelor de Sciences de l’Education, et actuellement en stage au sein d’une classe, opte rapidement pour l’arbre comme symbole de son autobiographie. Ce sera un bonsaï, et plus précisément un Ginkgo Biloba, qu’il façonnera dans un alliage de plâtre, de grillage, de mousse expansive et de bois.

 

 

Un objet autobiographique proche de la nature

La base s’inspire elle de deux grandes œuvres de l’architecture moderne, à ses yeux : le Centre Pompidou de Metz (des architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines), et la Chapelle Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp (Le Corbusier), dont il apprécie les structures toutes en courbes.

Le début du tronc de l’arbre symbolise une scolarité marquée par sa relation conflictuelle avec l’un de ses professeurs. Pourtant, à l’exemple du bonsaï, il a su rester fort, rebondir en réussissant son examen d’entrée à l’Université de Luxembourg. Dès lors, il s’est pleinement épanoui dans sa vie et a acquis la ferme conviction que sa carrière professionnelle serait dédiée à l’enseignement. Une étape décisive, un réel tournant dans sa vie, que matérialise l’incurvation du tronc.


Le feuillage est constitué de six lampes en forme de fleurs, métaphores des éléments positifs de sa vie, des périodes marquantes et de ses projets.

La première représente l’Université : là où il se trouve aujourd’hui, le lieu où on lui permet, chaque jour un peu plus, de toucher son rêve du bout des doigts : devenir enseignant. La seconde rappelle Munich : ce semestre Erasmus est une expérience marquante qui lui a permis de se responsabiliser, de grandir, tout simplement. La troisième évoque l’amour : un moteur dans sa vie, celui de sa famille mais aussi, et surtout, de sa copine. La quatrième est plus caricaturale : tout ce qu’il ne veut pas devenir : un professeur sévère, unique détenteur du savoir, dont l’autorité est crainte par tous les élèves. Les deux dernières fleurs symbolisent ses envies futures : rénover une ancienne ferme luxembourgeoise et posséder un chien, des chevaux, des poules…


Interaction – appropriation

Chaque côté de l’œuvre compte des interrupteurs fixés sur des caisses àuni.lu_ vin. En appuyant l’un d’eux,l’une des lampes, celle à laquelle on s’attend le moins, s’éclaire…

« For in the true nature of things, if we rightly consider, every green tree is far more glorious than if it were made of gold and silver ». La citation de Martin Luther entoure la table. Les quatre pieds symbolisent les piliers de sa vie : ses parents, sa grand-mère et sa copine. Des personnes qui le soutiennent dans ses choix, l’aident à avancer au quotidien et à surmonter les épreuves de la vie. C’est avec elles qu’il partage les meilleurs moments.

L’œuvre est résolument tangible ; elle invite à l’interaction et à l’appropriation : « Quand je me rends à une exposition artistique, j’apprécie de pouvoir toucher, utiliser, et manipuler l’œuvre », explique-t-il. L’interactivité est donc pour lui un concept primordial, qu’il applique d’ailleurs tous les jours lorsqu’il donne ses cours. En effet, pour lui il est essentiel que l’enfant puisse interagir avec des objets, les manipuler et être en mesure d’observer le changement qu’il provoque.

Au final, ce travail de création-introspection a permis à Kevin de voir pour la première fois le lien de cause à effet dans tout son parcours ; et de mieux comprendre comment il en était arrivé là.

Ce travail sur son propre passé l’a considérablement aidé à prendre du recul sur sa vie, tout en développant sa créativité. Il rêve maintenant de voir son œuvre trôner dans une exposition, et de se voir ouvrir les portes du monde de l’art…