Plurilinguismes et éducation : promouvoir pour s’épanouir et s’intégrer

Le 29 novembre dernier se tenait une conférence sur l’intégration des enfants multilingues dans les programmes éducatifs.

 


Conférence-3423-300x200Organisée au Lycée technique de Bonnevoie par le Dr. Claudine Kirsch – Assistante Professeure au LCMI (Université du Luxembourg) dans le domaine de recherche « Multilinguism in Education and Society » –, l’événement réunissait également le Dr. Gérard Gretsch (chargé de cours, Université du Luxembourg), la Professeure Dr. Argyro Panagiotopoulou (Universität zu Köln, Allemagne) et Petra Linderoos (Jyväskylä University, Finlande).

Environ 200 personnes – principalement des enseignants de l’école fondamentale (cycles 1 à 4) et des éducateurs venus du Luxembourg et d’Allemagne – était présentes.

Dans une première intervention, Claudine Kirsch et Gérard Gretsch ont dévoilé le projet iTEO, qui intègre l’utilisation de l’iPad. « Des études ont montré que les enfants acquièrent les langues dans des situations d’apprentissage authentiques, en racontant (eux-mêmes) des histoires. Aussi, l’application iTEO pour l’iPad permet à la fois d’enregistrer la langue orale dans toutes ses variantes, de réécouter et de modifier ces enregistrements, » a précisé Mme Kirsch.

Une recherche menée durant quatre mois auprès d’enfants et d’enseignants de classes pré-scolaires et primaires d’une école luxembourgeoise a démontré que les enfants ont pu, grâce à iTEO, développer leur confiance en soi, améliorer leurs compétences linguistiques, en termes plus particulièrement de vocabulaire, de syntaxe et de prononciation.

 

La Professeure Dr. Argyro Panagiotopoulou (Universität zu Köln, Conférence-3472Allemagne) a, quant à elle, présenté le contexte de migration et de plurilinguisme, sur la base d’observations tirées d’études ethnographiques de terrain (auprès de crèches et d’établissements primaires allemands). Elle a tout d’abord décrit la manière dont les jeunes enfants sont stimulés du point de vue linguistique avant l’école.

Elle a ensuite détaillé le rôle joué par le multilinguisme, dans un contexte de migration. La chercheuse a enfin montré que l’institution d’enseignement peut contribuer, par un soutien (in)conscient, à accélérer l’intégration linguistique des enfants issus de l’immigration, et à accroître leurs chances d’inclusion scolaire. Un manque de soutien réduira au contraire cette intégration et cette inclusion des enfants de migrants.Pour sa part, Petra Linderoos (Jyväskylä University, Finlande) a présenté le système éducatif finlandais, et son approche face au Conférence-3541plurilinguisme des enfants issus d’un contexte de migration.« Traditionnellement, l’apprentissage des langues étrangères est une partie importante de l’enseignement obligatoire finlandais, » a rappelé la chercheuse-enseignante.  « Face aux évolutions démographiques de ces dernières années, les instituteurs du pays sont confrontés à une nouvelle réalité : la baisse du nombre de groupes d’apprenants monolingues. » Elle a ensuite exposé sa thèse de recherche ; son objectif : savoir comment l’enseignement des langues étrangères en Finlande peut répondre au bilinguisme et au multilinguisme liés à la migration. La méthodologie prend en compte les points de vue des enseignants, des étudiants et des parents; elle a mis également l’accent sur l’expérience individuelle des langues, sur l’apprentissage et sur la conscience linguistiques.Une table ronde – réunissant les intervenants, un représentant du Ministère de l’Education nationale et de la Formation, un inspecteur et des enseignants – a clôturé la conférence.